La bibliothèque d'Apolimer

Une écologie décoloniale Penser l'écologie depuis le monde caribéen

Une écologie décoloniale
Penser l'écologie depuis le monde caribéen

Prix de la fondation de l'écologie politique

Une colère rouge recouvre le ciel. Les vagues s’agitent, l’eau monte, les forêts tombent et les corps s’enfoncent dans ce sanguinaire gouffre marin. Les cieux tonnent encore devant ce spectacle : le monde est en pleine tempête.
Derrière sa prétention d’universalité, la pensée environnementale s’est construite sur l’occultation des fondations coloniales, patriarcales et esclavagistes de la modernité. Face à la tempête, l’environnementalisme propose une arche de Noé qui cache dans son antre les inégalités sociales, les discriminations de genre, les racismes et les situations (post)coloniales, et abandonne à quai les demandes de justice.
Penser l’écologie depuis le monde caribéen confronte cette absence à partir d’une région où impérialismes, esclavagismes et destructions de paysages nouèrent violemment les destins des Européens, Amérindiens et Africains. Le navire négrier rappelle que certains sont enchaînés à la cale et parfois jetés par-dessus bord à la seule idée de la tempête. Tel est l’impensé de la double fracture moderne qui sépare les questions coloniales des destructions environnementales. Or, panser cette fracture demeure la clé d’un « habiter ensemble » qui préserve les écosystèmes tout autant que les dignités. Telle est l’ambition d’une « écologie décoloniale » qui relie les enjeux écologiques à la quête d’un monde au sortir de l’esclavage et de la colonisation.
Face à la tempête, ce livre est une invitation à construire un navire-monde où les rencontres des autres humains et non-humains sur le pont de la justice dessinent l’horizon d’un monde commun.

La fin d’un grand partage Nature et société, de Durkheim à Descola

La fin d’un grand partage

 Les relations de l’homme et de son organisation sociale au milieu naturel ont longtemps été étudiées dans le cadre d’une opposition entre nature et société. Mais la crise écologique invite à nous interroger sur ce partage, et à revenir sur le sens de ce clivage. L’objectif de ce livre est d’éclairer les ambiguïtés du rapport à la nature des modernes, en relisant du point de vue de la nature cette histoire jalonnée par trois oeuvres, Les formes élémentaires de la vie religieuse de Durkheim, La pensée sauvage de Lévi-Strauss et Par-delà nature et culture de Philippe Descola.
Y a-t-il un paradoxe à parler de la nature comme d’un fait social ?
Quelle signification et quelle valeur accorder aux sociétés restées indifférentes au partage entre nature et société ? Quels concepts mobiliser aujourd’hui pour faire face à la transformation de nos rapports collectifs à la nature ? Alors que la nature est de plus en plus humanisée et que les affaires humaines doivent en retour toujours plus composer avec elle, le grand partage du naturel et du social semble perdre toute pertinence.

Daniel Pauly Un océan de combats de David Grémillet

Daniel Pauly – Couverture

C’est d’abord le récit épique d’une vie. Né, au sortir de la guerre, des amours d’une ouvrière française et d’un GI afro-américain, Daniel Pauly défie toutes les statistiques.

C’est aussi, à travers un parcours scientifique hors du commun, le combat d’une vie pour identifier et établir l’ampleur de la surpêche mondiale.

C’est enfin une vaste fresque qui présente, de façon claire et abordable, la surpêche comme un enjeu global, à la fois écologique et géopolitique. Où l’on comprend notamment pourquoi les plus grands sujets de la crise écologique sont solidaires des questions politiques de justice Nord-Sud.
Deux ans d’enquête, dans dix pays, sur quatre continents.

 
 
 

La Mort de la nature Les femmes, l’écologie et la Révolution scientifique

La Mort de la nature – Couverture

 

Entre le 16e et le 17e siècle, l’image d’une Terre organique, féminine et vivante fait place à une nouvelle vision du monde dans laquelle la nature est repensée comme une machine morte et passive, autorisant ainsi sa spoliation sans limite aux mains de l’homme.

Dans La Mort de la nature, Carolyn Merchant montre que ce changement de paradigme aurait justifié non seulement la domination de la Terre, mais aussi la création d’un système socio-économique dans lequel les femmes, depuis toujours associées à l’image de la Nature, seront subjuguées aux hommes.

Ce livre, qui est un des premiers à explorer la Révolution scientifique du point de vue du féminisme et de l’écologie, traite des changements économiques, culturels et scientifiques à l’origine du monde moderne et de la crise écologique qui menace sa survie.

Un livre fondateur de l’écoféminisme.

 
 

Par-delà nature et culture

 

Sagesse des lianes - Cosmopoétique du refuge

lianes2.jpeg

Des Caraïbes à la Papouasie, l'enchevêtrement inextricable des lianes entrave la pénétration coloniale. Premier obstacle à la quête de l'Eldorado et au régime des plantations, la liane est le serpent, l'hydre végétale qui, aux yeux du colon, fait d'une forêt vierge et tentatrice un enfer vert. Tout en torsions et contorsions, la langue fourchue des lianes ne peut sécréter qu'une sagesse de singe : un gai savoir qui convertit, l'espace d'une grimace, la douleur de l'oppression en éclats de rire. Dénètem Touam Bona met en scène la sagesse subversive des luttes « indigènes » contre la marchandisation intégrale du vivant, dont l'anthropocène n'est que l'ultime avatar.

La Forêt amante de la mer

hatakeyama laforetamantedelamer

Au nord du Japon, la baie de Kesennuma est en crise. Face à la marée rouge, l’ostréiculteur Hatakeyama Shigeatsu cherche à sauver un mode de vie et une baie où sa famille a vécu depuis des générations. Lors d’un voyage en France, il comprend qu’un boisement riche en feuillus enrichit les eaux marines. Ainsi naît le mouvement de reboisement.